Les jours fériés en Italie ne sont pas seulement des occasions de repos, mais de véritables fenêtres sur l’histoire et la culture du pays. Chaque fête, de la Befana à Ferragosto, raconte une histoire unique, mêlant traditions religieuses, événements historiques et coutumes locales.
Par exemple, le 25 avril, la fête de la Libération marque la fin de l’occupation nazie et fasciste en 1945, un moment de fierté nationale. Le 15 août, Ferragosto, remonte à l’époque romaine, célébrant tout à la fois l’Assomption et les vacances estivales. Ces journées spéciales permettent de comprendre l’âme italienne dans toute sa richesse et sa diversité.
Les origines historiques des jours fériés en Italie
En Italie, les jours fériés ne sont pas choisis au hasard. Ils reflètent des épisodes marquants de l’histoire du pays, gravés dans la mémoire collective. Le 25 avril, la Libération de l’Italie, en est un parfait exemple. Ce jour-là, en 1945, le Comité de Libération National (CNL) appelle le peuple à l’insurrection générale contre l’occupant nazi et le régime fasciste. Sandro Pertini, figure de la Résistance et futur président, lance une grève générale qui résonne dans tout le pays. Benito Mussolini et Claretta Petacci, après leur fuite, sont capturés puis exécutés par les partisans italiens le 28 avril. Ce geste marque la fin d’une période sombre et résonne encore aujourd’hui dans les rues de Milan, notamment sur la célèbre place Piazzale Loreto, théâtre de l’exposition de leurs dépouilles.
Bologne, Gênes et Venise, trois villes symboliques, retrouvent leur liberté quelques jours avant la Libération officielle : respectivement les 21, 23 et 28 avril. À Rome, l’esprit de la Résistance reste très présent lors des commémorations, qui rassemblent chaque année une foule dense et déterminée.
Le 2 juin, place à la Fête de la République. Cette date évoque le référendum historique de 1946 : les Italiens, pour la première fois, choisissent leur destin et votent pour l’abolition de la monarchie. Humbert II de Savoie part en exil au Portugal. Quelques mois plus tard, la nouvelle Constitution entre en vigueur, le 1er janvier 1948, posant les bases de la démocratie italienne. Ces jours dans le calendrier ne sont pas de simples repères, ils rappellent les sacrifices, les choix et les victoires d’un peuple qui s’est forgé à travers l’adversité.
Les jours fériés religieux et leur signification
Impossible d’évoquer le calendrier italien sans parler des fêtes religieuses. Elles occupent une place majeure, à la fois dans la vie quotidienne et dans le cœur des Italiens. Pâques en est le point d’orgue : partout, on célèbre la résurrection du Christ avec de grandes processions, des messes solennelles et une profusion de traditions culinaires, comme la fameuse colomba, ce gâteau moelleux en forme de colombe qui trône sur toutes les tables.
Le 15 août, c’est l’Assomption, jour où la Vierge Marie est honorée. Ce moment, appelé Ferragosto, est autant religieux que profane : dans chaque ville, on multiplie les feux d’artifice et les repas familiaux. Pour mieux saisir la diversité de ces jours sacrés, voici quelques exemples emblématiques :
- Épiphanie (6 janvier) : la Befana, cette figure populaire, vient distribuer friandises et surprises aux enfants, prolongeant la magie des fêtes de fin d’année.
- Immaculée Conception (8 décembre) : célébration proclamée par Pie IX, elle met à l’honneur la pureté de la Vierge, et donne le coup d’envoi des festivités de Noël dans de nombreuses régions.
Le 1er novembre, jour de la Toussaint, les familles se rendent au cimetière, déposent des fleurs, se recueillent. Un hommage discret mais poignant à tous les saints et à ceux qui ne sont plus là.
Noël, le 25 décembre, reste l’événement phare. Au menu : réunions familiales, plats régionaux, panettone doré ou pandoro saupoudré de sucre glace. L’atmosphère est chaleureuse, empreinte d’une joie simple et partagée. À travers ces célébrations, l’Italie dévoile la richesse de ses croyances et la force de ses traditions.
Les jours fériés nationaux et leur importance culturelle
Certains jours fériés en Italie racontent l’histoire récente sur un tout autre ton. Le 25 avril, date déjà évoquée, cristallise la mémoire collective : la Libération, la fin de la dictature, le retour à la liberté. Partout, on assiste à des cérémonies, des discours, des hommages dans des lieux symboliques comme le Piazzale Loreto à Milan. L’émotion traverse les générations, faisant de cette journée un repère immuable.
Le 2 juin, la Fête de la République, rappelle le choix décisif de 1946 et l’avènement d’un nouvel ordre politique. À Rome, le défilé militaire sur la Via dei Fori Imperiali attire les foules, tandis que des événements culturels rythment la journée dans chaque région.
Le calendrier italien ne se limite pas à ces deux dates phares. D’autres journées jalonnent l’année, chacune avec son lot de célébrations et de significations :
- 1er janvier : Nouvel An, qui marque le passage à une nouvelle année, entre espoirs et traditions partagées.
- 1er mai : Fête du Travail, où les manifestations et rassemblements rappellent la lutte pour les droits sociaux et les avancées du monde ouvrier.
- 4 novembre : Jour de l’Unité Nationale et des Forces Armées, souvenir de la fin de la Première Guerre mondiale et hommage aux soldats tombés pour l’Italie.
À travers ces repères, l’Italie entretient le lien avec son passé, transmet des valeurs et fédère sa population. Les jours fériés ne sont pas de simples pauses dans l’année : ils incarnent une identité, une mémoire vivante, et rappellent que l’histoire, loin d’être figée, continue de s’écrire au fil des générations. Au détour d’une place animée ou d’un repas familial, la tradition italienne s’affirme, bien vivante et toujours prête à surprendre.


