Le marbre en salle de bain est-il vraiment un bon choix ?

Quand on parle du marbre, on pense forcément à tous ces grands monuments historiques qui se composent de marbre : le Taj Mahal, la Grande Mosquée de Cordoue, plusieurs cathédrales, etc. Ce qui veut dire que cette pierre a été longtemps admirée aux quatre coins du monde. Pendant longtemps, elle a symbolisé la majesté, la richesse et la grandeur. On n’hésitait pas à l’utiliser comme décoration dans les grands temples et palais. Aujourd’hui, le marbre fait irruption dans les maisons individuelles, notamment dans les cuisines et les vérandas. Cependant, beaucoup s’interrogent sur la possibilité de le mettre en salle de bain.

Le marbre en salle de bain : un rêve à caresser

On l’imagine habillant la pièce du sol au plafond, ou bien installé avec discrétion sur un plan vasque ou un rebord de baignoire. Le marbre, dans une salle de bain, impose d’emblée une atmosphère singulière : élégance naturelle, sensation de solidité, raffinement sans ostentation. Certains propriétaires choisissent l’immersion totale, recouvrant murs, sols et même meubles sanitaires. D’autres préfèrent distiller quelques fragments de cette pierre, histoire de donner du relief à l’ensemble. Dans les deux cas, le marbre transforme l’espace. Mais il faut pouvoir compter sur un artisan qualifié, car travailler cette matière exige savoir-faire et minutie.

Avant de se lancer, il convient de savoir que même une seule touche de marbre peut métamorphoser la pièce. Qu’il s’agisse d’un plateau de douche, d’une tablette ou d’un habillage mural, chaque intervention laisse une empreinte forte. Et pour ceux que la perspective d’un ensemble homogène tente, le défi technique et financier s’annonce plus corsé.

Un prix pas toujours accessible

Intégrer le marbre dans sa salle de bain représente un investissement conséquent. Pour quelques mètres carrés, le budget oscille généralement entre 150 et 300 euros. Mais dès que l’on souhaite une pose sophistiquée, comme le marbre appareillé, qui aligne les veines pour un effet visuel saisissant, la facture peut grimper jusqu’à 600 euros le mètre carré. Plusieurs paramètres entrent en ligne de compte : la qualité du marbre, sa provenance, l’originalité de la découpe… et la logistique.

Transporter des blocs aussi lourds dans un appartement situé à l’étage relève souvent du casse-tête. Selon la configuration du bâtiment, il faut parfois louer une grue et démonter une fenêtre pour passer les pièces depuis la marbrerie. Ce genre de chantier nécessite donc de la main-d’œuvre en plus, ce qui alourdit la note. Ceux qui rêvent d’un habillage complet doivent donc anticiper ces contraintes techniques et budgétaires.

Le marbre est-il facile à vivre ?

S’offrir du marbre dans la salle de bain, c’est aussi accepter quelques contraintes au quotidien. Cette pierre naturelle n’a rien d’invincible. Elle craint les taches, en particulier celles laissées par le parfum ou par le calcaire, omniprésent dans l’eau de nos villes. Un simple flacon renversé peut laisser une trace, et une eau trop dure ternir la surface. Difficile donc de se contenter d’un entretien rapide.

Pour préserver l’éclat et l’étanchéité du marbre, il faut prévoir un rafraîchissement régulier : tous les trois ou quatre ans, un marbrier professionnel devra intervenir pour dépollir la pierre et lui rendre sa brillance originelle. L’affaire ne se limite pas à un coup d’éponge. On pourrait comparer cette exigence à celle du cuir de qualité : sans soin, il s’abîme, perd de sa superbe et finit par se tacher durablement.

Le marbre, dans la salle de bain, relève donc d’un choix assumé. Un pari esthétique et technique, qui demande d’arbitrer entre l’envie de luxe et la réalité de l’entretien. Mais pour ceux qui acceptent ce pacte, la récompense est là : chaque matin, la salle de bain prend des allures de galerie d’art, où la beauté brute de la pierre dialogue avec la lumière. Le marbre n’offre aucune promesse de facilité, mais il impose une présence qui ne laisse jamais indifférent.

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